vendredi 23 juillet 2010

L’ETAPE DU TOUR 2010

Tout cycliste professionnel rêve de courir, un jour, le Tour de France. Pour nous les cyclos, le plus proche c’est de courir une Etape du Tour.

En effet, tous les ans, la Société du Tour de France organise une cyclo sur le même parcours et dans les mêmes conditions que les cyclistes professionnels. Cette année, pour la première fois, j’ai pu y participer. En plus, j’ai eu la chance de réaliser une étape avec un parcours mythique : Pau – Tourmalet.

Comme vous pouvez l’imaginer, tout l’entrainement de la saison, et même le début de mes vacances a été organisé au tour de cet OBJECTIF. Et je peux vous assurer que je ne regrette rien car l’organisation (parfaite) avec l’ambiance (du Tour de France) que je viens de vivre ont compensé largement.

Le vendredi 16, avec toute la famille, nous sommes partis vers Lugagnan (un petit village à côté de Lourdes) où nous avions réservé l’hôtel (je vous en parlerai dans une prochaine entrée). Après quelques heures de route et avoir laissé les bagages et le vélo, nous avons continué jusqu’à Pau où nous attendaient Florian et quelques membres du Club d’Orgerus pour prendre nos dossards.
Le lendemain, pendant qu’une partie du groupe est allée visiter Lourdes et, au passage, offrir quelques cires à la Vierge ; Daniel, Olivier et moi sommes sortis pour décontracter les jambes sous un léger crachin.

Nous sommes partis sur la voie verte qui passe à côté de l’hôtel pour aller vers Argelès, puis monter le premier km du col du Soulor (même si avant le début du col nous avions déjà 500 m de dénivelée ;-)
L’après midi : repos, bavardage et quelques bières… De gauche à droite : Daniel, Olivier, Eric, Christine (qui roule aussi même si cette année elle n’a pas participé à l’Etape) et Serge.
La logistique est un des principaux problèmes à traiter quand on participe à cette épreuve. En effet, l’arrivée est à ~80 km du point de départ, donc si tu ne veux pas rallonger de quelques dizaines de km ton étape tu dois faire appel à des voitures d’appui.

Heureusement, nous avons pu compter avec la collaboration de Chantal, Perrine et Christine qui ont bien voulu se lever à 04h00 pour nous conduire jusqu’à Pau et venir nous chercher (avec nos familles) à Gripp (quelques kms après la Mongie).
La sortie était prévue à 07h00 mais nous étions déjà à 06h00 dans notre SAS. Comme nous avions des bons dossards nous étions au début du n° 4 (zone orange dans la photo). Très important, si on tient compte qu’il y avait presque 10 000 participants.
Et après plus d’une heure d’attente, nous sommes partis. Pendant la première heure du parcours, sur un terrain très vallonné, j’avais une moyenne au-dessus des 32 km/h. Comme toujours, j’étais parti plus rapide que prévu mais, en aucun moment j’ai dépassé mon seuil pour ne pas me pénaliser plus tard mais, surtout, pour profiter de l’ambiance festive (avec des spectateurs qui nous encourageaient tout au long du parcours) et le fait de rouler avec des grands champions comme Eric Zabel sur des routes complètement privatisées (comme sur le Tour ;-).

Avec un tel rythme nous sommes arrivés très tôt au pied du Marie Blanque. Il faut dire, qu’après ma participation à la Quebrantahuesos 2008, j’avais des cauchemars avec les quatre derniers kms de ce col.

Bon, avant d’arriver au point kilométrique (en face au camping) qui marque le début de la galère, j’ai dépassé Serge et Eric qui roulaient à leur rythme. J’avais aussi dans le point de mire Alain mais je ne l’ai jamais rattrapé.

Et finalement, j’ai très bien géré ces terribles quatre km. Sans doute, le fait d’arriver au sommet vers 09h30 (avec la fraicheur) et les séances de Force sur l’Home Trainer dans mon garage ont aidé.

Le ravito était situé au même endroit que celui de la Quebrantahuesos mais de l’autre côté de la route (sans voitures il est beaucoup plus facile de gérer les problèmes de sécurité). Et comme vous pouvez le voir sur les photos, l’organisation était parfaite et sans bouchons.
Presque 50 km jusqu’à Ferrières (début du Soulor) encore à très bonne allure. La plus part du temps protégé, même si j’ai un peu forcé pour passer de groupe en groupe. Ma seule préoccupation c’était de bien gérer l’alimentation, l’hydratation et, au passage, profiter du paysage et de l’ambiance.

A Ferrières, après le ravito, débutait le deuxième col de la journée. Le Soulor est très similaire au Télégraph mais avec des pourcentages un peu plus durs même s’ils sont un peu plus irréguliers, ce qui permet de se reposer un petit peu.
Par contre, les paysages sont sublimes… ce qui favorise la gestion de l’effort.
Je ne me suis pas arrêté au sommet car j’avais encore de l’eau et il ne restait que 20 kms de descente jusqu’à Argelès où était situé le dernier ravito. Le seul problème à gérer ce fut une vache qui décidât de traverser la route à notre passage… sans doute, elle n’était pas au courant de que les routes étaient coupées… ;-)

Le secteur entre Argelès et Luz Saint Sauveur est très beau mais (comme le disait hier P. Delgado pendant la retransmission de l’étape pour TVE) une vraie saloperie. On aurait dit qu’il y avait beaucoup plus de 20 kms.

Mais le vrai spectacle débutait à Luz Saint Sauveur. Comme je vous l’ai déjà dit, l’ambiance était remarquable pendant tout le parcours, mais à partir d’ici la foule était déchainée…

La plus part des spectateurs du Tour étaient déjà sur place depuis vendredi pour pouvoir vivre en direct les étapes de mardi et, surtout, celle d’hier jeudi donc ils ont profité de notre arrivée pour nous encourager.

La foule nous jetait de l’eau (heureusement car la chaleur était très importante), nous encourageait et offrait les spectacles les plus étonnants : karaoke, « retransmission » on live, déguisements, etc.

J’étais en train d’halluciner à tel point que je me suis pointé au point d’eau en moitié de la montée sans même m’apercevoir. Au passage, j’ai à nouveau devancé Eric et Serge qui, apparemment, géraient les ravitos beaucoup plus vite que moi.
J’ai rempli les deux gourdes rapidement et reparti au nouveau sur la route pour profiter de l’ambiance… Je n’ai pas commencé à sentir la fatigue que jusqu’à quatre km de la fin mais le paysage (magnifique) m’a fait un peu oublier la souffrance…
Et sur les deux derniers km c’était la folie totale avec la route presque comme sur le « vrai » Tour. Avec cette ambiance tu oublies toute la fatigue et profites comme un gamin. Il y avait une telle foule que je n’ai même pas pris des photos de la stèle au sommet…

Après, il ne restait que mettre un coupe vent (j’étais complètement trempé… ;-) pour descendre les quatre km jusqu’à la Mongie où il était situé le village et où j’ai retrouvé Florian, Eric et Serge. Puis quelques kms de descente supplémentaires (avec Eric et Serge) jusqu’à Gripp où nous attendaient nos plus fidèles supporters…
En conclusion : 8h56 de pur plaisir cycliste (à moins de quatre heures de Contador ;-). Une journée qui restera marquée dans ma mémoire et où, pour la première fois depuis beaucoup de temps, je n’ai pas eu ni des problèmes gastriques ni musculaires.

Et même si ce n’est pas très important… j’ai fini à la 2 613 position sur les 6 888 qui ont fini l’épreuve (sur 10 000 inscrits). Mais le vrai héro de la journée c’est Daniel qui, avec 64 ans, a bouclé le parcours en 7h57 à la position 1 168 (même plus vite que Florian).

Bonne Route

lundi 12 juillet 2010

SEMAINE DE TRANSITION

Après la Marmotte et à une semaine de l’Etape du Tour, sortie courte mais très intense dans une semaine où je n’ai presque pas touché le vélo. Que quatre heures et demi d’entrainement, ce qui fait la semaine la plus cool depuis le mois de janvier mais, c’est normal, maintenant ce qui est important c’est la récupération.

Cinq personnes au RDV : Marc, Thierry2, Patrick, Christian (qu’on ne voyait pas depuis un moment) et moi-même. J’étais un peu étonné de ne pas voir ni Thierry1 ni Jean Claude (qui est en région Parisienne et qui m’a dit qui viendrait).
Dès le départ vers la vallée Chevreuse, c’est Thierry qui a pris les choses en main et, avec le vent de face, nous a marqué un rythme infernal (il devait rentrer avant 11h00), tout le temps au-dessus de 32 km/h.

Et, en plus, il se plaignait que personne ne lui passait un seul relais… :-( De mon côté j’avais déjà assez pour tenir son rythme, au tel point qu’il y a eu un moment (près de St. Yon) en que j’ai sérieusement pensé à lâcher pour ne pas trop forcer à une semaine de l’Etape.

Mais finalement, les choses se sont un peu calmées et j’ai commencé à trouver mes sensations même si c’était déjà à la Celle où il a fait demi-tour. De notre côté nous avons continué vers Auffargis et rentré (comme d’habitude) par Gometz, Janvry, puis l’Escargot (où j’ai battu mon meilleur registre, avec Marc collé aux fèces : 20,9 km/h sur la montée).

En conclusion : 3h15 de vélo pour parcourir 99,8 km avec 605 m de dénivelée à une moyenne de 30,7 km/h ce qui a permis de rentrer avant la grosse chaleur. Pas mal pour une journée de récupération ;-)

Mais la NOUVELLE de la journée, ce n’était pas le vélo mais le foot… avec l’Espagne qui a gagné sa première coupe du monde… Enfin !

Bonne Route

mercredi 7 juillet 2010

LA MARMOTTE: La Chronique

Après quelques jours de repos, bien mérité, voici la chronique de la Marmotte 2010:

Sans plus de détours, je peux dire que cela a été la meilleure des Marmottes que j’ai effectuée (pour l’instant ;-) Pour quoi ?

- La première raison, la venue de mes collègues espagnols en grand nombre auxquels il faut ajouter la présence de Florian, Thierry et Salima. L’ambiance était remarquable.
- La deuxième : Malgré un chrono supérieur à celui de l’année dernière et finir (comme toujours) très fatigué, j’ai eu l’impression (pour la première fois) que je pouvais maitriser la situation. Il ne m’aura fallu que cinq ans pour y arriver…
- La troisième : Je suis sorti sans aucune pression et je suis resté très lucide pendant tout le parcours. Pour la première fois j’ai pris un peu de plaisir sur le parcours (peut être maso, mais plaisir comme même ;-)

Nous (Thierry et moi) sommes arrivés le vendredi pour déjeuner sur place, prendre le dossard, dire bonjour aux collègues espagnols (excités comme des gamins), nous reposer un peu et attendre l’arrivée de Florian et Salima pour faire une courte sortie de décontractation : descente jusqu’à Huez, prendre la route de Villars Reculars et remonté à l’Alpe.
Le samedi, ambiance de fête pour commencer : Des photos à l’Alpe, avant le départ, à Bourg d’Oisans et en attendant la sortie.Pasábamos por el tapiz de salida a las 08h02 y después de la bajada, el primer col de la jornada: Nous sommes partis à 08h02 et après un court plat descendant, le premier col de la journée : Le Glandon. Déjà dès les premiers km, je me suis aperçu que la journée allait devenir très dure. En effet, normalement, sur cette montée on roule au frais mais, samedi dernier (à cause de la chaleur et l’humidité ambiance) nous étions déjà complètement trompés de sueur…

Ici nous étions, tous, plus ou moins groupés… Quelques vues…Au sommet, le bordel habituel. Je ne voulais pas m’arrêter (on peut prendre de l’eau sur la descente) mais Florian oui donc le résultat a été que nous nous sommes perdus de vue et avons mis un bon moment pour nous rencontrer à nouveau.
Finalement, nous sommes partis avec German et Angel. Et nous sommes restés ensemble jusqu’au ravito au pied du Télégraph. Si bien, nous avons pas mal souffert au début de la transition entre les deux cols pour prendre la roue d’un trio de suisses qui nous ont amené de groupe en groupe (en avançant pas mal de postes) jusqu’à trouver le bon.

Le Télégraph, comme d’habitude, sans aucun problème (profitant un peu l’ombre sur certaines parties du parcours et contrôlant les pulsations). Quand on vient d’une montée de presque deux heures (Glandon) grimper pendant « seulement » une heure parait un « jeu d’enfants ».Pas d’arrêt au sommet, nous avons continué jusqu’au ravito après Valloire où nous sommes arrivés quand il commençait à tomber quelques goutes. J’étais presque content car je pensais qu’on allait grimper le Galibier avec de la fraicheur (et je me suis bien trompé).

En règle générale, les ravitos sur la Marmotte ne sont pas les meilleurs (je suis très poli ;-) mais quand nous sommes arrivés à celui de Valloire (qui est un des points culminants de l’épreuve) il n’y avait presque rien… Je n’ose même pas imaginer ceux qui sont arrivés derrière nous… et il y avait un paquet.

Nous avons entamé la monté et, quelques mètres plus loin, le soleil est pointé son nez, avec force. La chaleur mélangée à la forte humidité devenait insoutenable. Mon cardio (au soleil) est arrivé aux 46° C (du jamais vu). C’était incroyable, on était entouré de nuages et le seul endroit frappé par le soleil semblait suivre la route… :-(

La montée du Galibier est impressionnante, une file de cyclistes à l’incroyable vitesse de 9 km/h dans un silence sépulcral. Et tout au long, des « cadavres » allongés sur le bord de la route… Ici, après la prise des photos, j’ai commencé à montrer les premiers signes de fatigue, et petit à petit, Florian a commencé à me lâcher car je ne pouvais pas suivre son rythme. Je dois trouver une explication a cette baisse de forme qui m’arrive toujours autour de 14h00… (J’admets de suggestions ;-)

Quand je suis arrivé au point d’eau de Plat Lanchat, j’ai me suis arrêté (environ dix minutes) pour me reposer, boire de l’eau et manger quelques fruits secs et une barre… Ca a été la bonne idée de la journée… car dès que j’ai commencé à monter les derniers huit km (les plus durs) qui mènent au sommet j’ai vu que j’avais récupère les bonnes sensations et, en plus, le soleil venait de disparaitre derrière les nuages.

Pendant la montée, j’ai été dépassé par M. Fernandez (un des copains de BCN) et, en arrivant au sommet, j’ai retrouvé Florian qui m’attendait depuis quelques minutes.

Pas mal de neige sur les derniers kms, je n’avais jamais vu autant depuis que je fais cette cyclo. Au sommet, j’étais en train de manger un but de pain (bon, plutôt en train de m’étouffer avec) quand… surprise ! German qui arrive…Nous l’avons attendu et entamé la descente à trois. Encore une bonne décision car cette année les hollandais (poussés par l’énergie générée par leur qualification en demi-finale de la coupe du monde) avaient déjà disparu. Donc il a fallu s’employer à trois (moi, un peu moins car Florian et German sont des redoutables rouleurs) jusqu’à l’arrivée au pied de l’Alpe.

A l’arrivée à l’Alpe, avec une chaleur épouvantable, (comme d’habitude) on a trouvé M. Fernandez et Ivan (qui avait fait demi-tour et abandonné après monter les deux premiers kms de l’Alpe).

Je me suis vu moi-même il y a cinq ans (lors de ma première Marmotte). Bon j’étais pire car je n’ai même pas osé commencer à monter l’Alpe. J’ai essayé de lui convaincre pour qu’il monte mais c’était impossible (je m’y attendais) donc nous l’avons laissé là bas (de toutes façons, j’avais la voiture à l’Alpe, donc on pouvait revenir le chercher si besoin).

Florian et, juste après German, étaient déjà partis quand j’ai commencé la montée avec M. Fernandez. Mais, tout de suite, Manolo s’est échappé et je ne l’ai rattrapé jusqu’au virage 17 (après avoir monté la partie la plus dure de l’Alpe). Et peu de temps après j’ai retrouvé German qui soufrait des crampes… Je ne me suis pas arrêté car sinon j’aurais eu le même problème.

La chaleur était infernale, à chaque virage je m’offrais une gorgée d’eau et je m’arrosais le cou pour éviter le coup de chaleur que j’ai l’année dernière. Enfin une bonne nouvelle, quelqu’un avait mis un brumisateur en pleine montée et, un peu plus loin, un autre arrosait les coureurs avec un tuyau… Quel plaisir !

Juste après, German me rattrapait à nouveau et nous avons continué ensemble jusqu’à le sommet. Nous étions très « électriques » avec nos crampes… Je suis sûr que si quelqu’un nous avait touché aurait été électrifié... ;-)

En nous sommes arrivés ensemble, après 10h et 53 minutes de pur « plaisir ». Vous pouvez l’apprécier sur les photos…

http://www.photobreton.com/c/227/p/5fa90143aab56331bc1a7a0e42ecc73a/.html

Si vous ne le voyez pas, cliquez : Marmotte 2010 – Dossard : 5948 (5908 pour Florian)

Ici à l’arrivée avant de prendre une douche bien méritée…Florian est arrivé environ 20 minutos avant German et moi, mais epuissé. Je ne l'ai jamais vu dans cet état...
Et pendant que nous étions sur la route, Thierry a profité pour faire une “petite” balade. Il a monté le Glandon, fait demi-tour, et grimpé l’Alpe par la montée de Villars Reculars une route qui mériterait d’être mieux connue par ses vues imprenables. Voici quelques photos…
En résumé, super WE pour tous…

Et maintenant, il ne me reste que me concentrer sur le dernier objectif de la saison car dans un peu plus d’une semaine je pars vers les Pyrénées pour courir sur l’Etape du Tour 2010 : Pau – Tourmalet.

Bonne Route